Jardiner c'est bien, transformer c'est mieux!



La saison 2015 nous a offert son lot de variation climatique, mais en général je suis bien satisfaite de mes récoltes. Encore une fois, je peux remercier notre Mère Terre pour l'abondance qu'elle m'a offerte.


Tous les légumes sont maintenant ramassés, empotés, congelés et entreposés au frais. La chambre froide est pleine et je suis à l'aise pour tout l'hiver et une bonne partie du printemps. J'ai horreur du gaspillage et je transforme jusqu'à la dernière petite tomate: salsa, antipasti, sauce tomate, sauce à pizza, cornichons, relish, alouette! Je transforme grosso modo une centaine de pots chaque saison. Pour les légumes comme les brocolis et les fèves, je préfère les congeler en portion repas. Les légumes racines, les courges d'hiver et les oignons seront quant à eux, entreposés dans ma chambre froide. Plus trop froide, mais bon, mon caveau tant désiré se construira bien un jour.


Certains me demanderont si je vis en 1935 ou croiront que je suis un restant de hippie vivant dans une hutte en terre cuite (dixit un gros cave). NON! J'ai un job, internet et je rase mes aisselles! Je me considère plutôt comme une modern homesteader et je n'arrive toujours pas à trouver le pendant francophone: néo-colone? agrarienne? auto-suffisante en partie? paysanne à temps partiel? résiliente? grano? J'ai donc coupé ça court et je préfère m'étiqueter comme faisant partie du mouvement, qu'on qualifie dans le monde anglophone, de modern homesteading ou de urban homesteading. Pas que j’apprécie particulièrement les étiquettes, mais ce terme résume assez bien mon mode de vie et mes convictions. Faites un tour sur le net et vous trouverez une multitude d'informations et de trucs sur le sujet.


Ainsi donc, comme j’essaie d'expliquer si clairement, je jardine, j'élève et je transforme pour l'autonomie alimentaire de ma famille, nous sommes cinq. Bien que cette manne me concède un avantage économique, je m'impose tout ce travail beaucoup plus par conviction profonde qu'autre chose. Et puis j'aime ça travailler dehors à quatre pattes dans la terre!


Je suis encore loin de l’autosuffisance, j'achète au Métro une fois par semaine (surtout pour les %?%$ de lunch des enfants). Et puis, je ne suis pas dévote non plus! Aspirer à une autonomie alimentaire c'est aussi s'imposer nombre de responsabilités et être esclave de sa cuisine. L'industrie agroalimentaire d'après-guerre nous a déresponsabilisés de notre capacité de production, probablement parce que les femmes quittaient le foyer pour intégrer le marché du travail. Le retour aux valeurs du «homemade» et leurs bienfaits environnementaux ne devraient pas pour autant amplifier les pressions sociales, particulièrement chez les femmes. Je demeure persuadée que nous devons intégrer le jardinage, l'autoproduction et la transformation des récoltes dans notre quotidien de mangeur, mais dans le plaisir, dans l'égalité des tâches homme-femme et surtout à la hauteur de ce que l'on peut accomplir.


Salut!


Julie


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